L’idée du succès (ce titre est nul je sais)

 

Il y’a environ trois semaines il m’est arrivé un truc de ouf. J’ai été contactée par une compagnie hyper connue dont je tairai le nom pour des raisons évidentes de confidentialité (c’était H&M) (qu’est-ce que je suis drôle). Bref le show room de H&M de Londres me contacte par mail. On s’arrête un moment là. Genre LE SHOWROOM H&M DE LONDRES ME CONTACTE LES MECS, truc de ouf. Genre je dansais la Macarena!

Reprenons. Je reçois donc un mail du showroom d’H&M (comme si c’était pas assez clair), et la meuf me propose de prendre un ‘informal coffee’ dans la semaine pour parler, voir si je recherche quelque chose, et si éventuellement je serai intéressée par un rôle dans leur show room. J’avais précédemment postulé pour une position de press assistant et évidemment, j’étais ultra intéressée.

Je vous donne le contexte: à ce moment là, ça faisait une semaine que j’étais revenue vivre à Londres, une semaine que j’avais annoncé à mon copain que je le quittais, et une semaine que j’avais commencé mon nouveau taf à Missoma. Vous voyez l’état d’esprit un peu particulier dans lequel j’étais. Enfin!

La semaine d’après, me voilà au Pain Quotidien d’Oxford Circus, assise devant deux meufs d’H&M qui me posent des questions à tour de rôle. Je ne dirai pas que j’ai une énorme confiance en moi, mais quand il s’agit d’entretien, je ne prépare jamais rien: je sais ce que je vaux, je sais qui je suis, je sais ce que je sais, je sais ce que j’ai fait. Je sais également que je ne veux mentir en rien, et ne rien prétendre. Je répondais aux questions, tout sourire (quand je suis gênée, j’ai en général un énorme sourire, qui fait très sincère, et qui plait énormément), puis vient la question fatale qui n’est en aucun cas une question fatale… normalement.

“C’est quoi pour vous, être successful?”

Comme je vous ai dit, je ne prépare jamais rien, je n’ai pas de réponse pré conçue ou réfléchie. Je dis ce que je pense sur le moment, et d’habitude ça ne me trompe jamais. Mais là, j’ai eu un gros blocage: c’est quoi, pour moi, être successful? Est-ce que j’ai envie de l’être? Est-ce que c’est pas un peu une idée qui m’a laché ces derniers temps? C’est pas un peu nul de se foutre la pression à être successful à tout prix? Puisque dans tous les cas on sait que quoi qu’on imagine, ça prendra 1400 autres chemins qui en seront d’autant plus intéressants?

Je me mords la lèvres 300 fois en une seconde, je regarde le plafond en mode ‘putain dois-je être honnête et paraitre chelou ou répondre ce qu’elles ont envie d’entendre et être une faux cul’, je souris. Et avant même que je comprenne ce qu’il se passe, j’étais déjà partie dans mon récit:

Vous savez, c’est marrant que vous me posiez cette question, parce que ça fait deux ans que lis des livres, que j’écoute des podcasts, que je regarde des documentaires sur ces gens ‘successful’, ces gens ‘who made it’. J’ai lu, lu et relu Girl Boss de Sophia Amoruo, j’ai écouté tous ses podcasts où elle interview une ‘girlboss’ différente à chaque fois, j’ai acheté le workbook, j’ai travaillé un an pour un magasine qui s’appelle “Career Girl Daily” (le titre veut tout dire), j’ai fait des business plans, et dans ma tête je voulais être cette femme successful, qui créé son propre business, qui réussi, qui impressionne. Puis j’ai quitté Londres et j’ai pris du temps pour moi, du temps toute seule. J’ai repris la gym (les meufs me regardaient genre ‘mais où elle va en venir’), j’ai appris à apprécier les choses simples et le moment présent. J’ai appris à ne pas penser au passé et ne pas se projeter dans le futur. J’ai appris que ce qui rendait les gens malheureux c’est les ‘expectations’, de trop en attendre et d’être déçu à la fin puisque rien ne se passe jamais comme prévu. Je ne veux pas être successful, ce n’est pas mon but dans la vie. Tout ce que je veux c’est être heureuse et si ça veut dire vivre ma carrière au jour le jour, alors ce sera le cas.”

A la fin de mon récit, j’avais donc ces deux meufs, hyper professionnelles, bien habillées et surtout hyper impressionnantes qui me regardaient, en mode ‘what the fuck’. Je me suis dit que soit elles allaient apprécier mon honnêteté, soit se dire que j’étais complètement perchée. Mais sur le coup, je m’en fichais complètement parce que c’était la premiere fois que je réalisais ce que je ne voulais plus dans la vie, et surtout la direction complètement différente que je prenais.

Quand je suis sortie, je savais qu’elles ne me recontacteraient pas, mais je n’ai en aucun cas regretté – à aucun moment de ma vie je ne veux prétendre être quelqu’un d’autre, dire ce qu’on attend de moi et surtout rentrer dans une boite.

Je voulais vous partager ce petit épisode de ma vie qui m’a bien fait réfléchir (et en plus je porte un blazer de Girlboss sur les photos),

RIEN A VOIR mais du coup je vous laisse avec cette petite série de photo qu’on a pris dans un fast food de Soho.

Love x

Blazer NA-KD – T-shirt New Look (similaire) – Sac New Look – Jeans NA-KD

 

 

4 Comments

  1. 01/11/18 / 22 h 15 min

    C’est exactement ce que je ressens en ce moment merci pour cet article spontané mais tellement vrai et beau je te souhaite plein de bonnes choses pour la suite

    • DEARVOGUE
      05/11/18 / 22 h 26 min

      Merci beaucoup!!!

  2. 06/11/18 / 11 h 39 min

    Rien à dire tu es vraiment de celles que j’aime lire ! Tu es honnêtes , toi-même , et je me retrouve souvent dans ce qu tu écris alors ne change rien ! Et promis un jour on se prendra un café ensemble et on restera nous meme
    Mary

    • DEARVOGUE
      16/11/18 / 18 h 29 min

      ça me fait trop plaisir!!! Café obligééééé!!!!!

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