L’université à Londres – comment je l’ai vécu

 

J’ai décidé de retourner étudier environ deux ans après être arrivée en Angleterre. En France, j’avais commencé des études en LEA (Langues Etrangères Appliquées), mais j’étais partie la seconde année en Angleterre et j’ai décidé de ne pas revenir. J’ai donc commencé à suivre les cours à distance, mais rien que de revenir en france pour les examens deux fois par an, ça me tuait. Et dans tous les cas, j’ai raté mes partiels en fin de seconde année, et le rattrapage était un énorme NON. 

J’ai donc lâché LEA, et ma mère ne m’a pas parlé pendant environ 3 mois (c’était super!). Bref, en décembre, j’ai commencé à avoir envie de me remettre dans des études sérieuses, et en cherchant un peu, j’ai vu que la mode, ce n’était pas que le design! Il y’avait « fashion communication », « fashion business », et… « fashion styling ». En lisant la description du cours, je me suis tout de suite retrouvée: organiser des shoots, de la photographie, du stylisme, de l’histoire de l’art, des cours de rédaction, apprendre à créer son propre magasine… Je ne pouvais même pas croire que ce genre de cours existait, et encore moins que je pouvais en faire une carrière! 

 

 

Je me suis retrouvée à postuler pour 5 universités. J’étais habituée au système français: les DUT, les BTS, admission post bac, avoir des entretiens dans des villes ultra chiantes et essayer de prouver que t’es plus intelligente que les autres alors que t’avais 4 de moyenne en philo en faisant un bac L (ah, c’est que moi ça?), et très peu de chance d’être prise au final.

En Angleterre, ce n’est pas du tout comme ça! Il faut rédiger une super lettre de motivation, avoir le bac, avoir un diplôme qui s’appelle l’IELTS (un diplôme d’anglais), des références.. et voilà! J’ai donc postulé via le site UCAS (si vous voulez plus de details, n’hésitez pas à me demander par commentaire ou sur Instagram). Au bout d’un mois, deux universités on répondu oui. Au bout d’un mois, mon premier choix a dit oui: l’Istituto Marangoni. La deuxième meilleure école de mode au monde! Comment vous dire que j’ai failli danser nue dans la rue en pleurant. Le côté qui a failli faire que je me retrouve nue dans la rue en pleurant, c’était le prix: 17 500 euros. Par an. Aie.

A savoir que n’importe quelle université en Angleterre coûte un minimum de 9000 par an. Et quand c’est privé, c’est encore pire! Bref. Je me suis ruinée pour la première année, et les deux autres, j’ai demandé des prêts absolument partout (je vous laisse imaginer à quel point je suis endettée actuellement).

 

 

Le premier jour arrivait, et je me sentais comme une enfant: j’allais déménager a Londres, avec mon amoureux, et surtout j’allais étudier la mode! L’école est tellement design, comme dans les films.

Dès mon premier jour, j’ai compris que… j’étais pas a Rouen. 99% des meufs étaient over-friqués (en mode surréel), et quand le prof a demandé qui travaillait à cote des études, j’étais la seule à lever la main. Pendant pas mal de temps, je ne me suis sentie proche d’absolument personne, parce qu’on avait juste pas le même background. C’est aussi là que je me suis rendue compte à quel point je suis française: les anglais exagèrent tout en mode « oh my godddd » et « hello hunnn » et à être très fake en fait pour la plupart. Au début, je me sentais pas à l’aise et j’avais l’impression de ne pas être assez extravertie, et au bout d’un moment j’ai décidé de ne pas prétendre, et d’être moi. Si je ne rigole pas à ta blague ou si je t’appelle pas honey 300 fois dans la minute, ben écoute fais avec. Je n’étais pas antipathique pour autant, mais je refusais de me forcer a être quelqu’un d’autre.

Je me rappelle d’un matin en cours où je faisais pas liste de chose à faire pour la journée (je travaillais 24h par semaine à Zara, et à plein temps dans un magasine où j’allais deux jours par semaine, et je travaillais de « chez moi » le reste du temps. Chez moi ça veut dire que j’écrivais les articles pendant mes cours et dans le métro). Bref, j’avais 3 ou 4 articles en retard, je devais aller travailler a Zara après les cours, j’avais des dettes à régler… La meuf à coté de moi faisait exactement la même chose, elle planifiait sa journée : Cours jusqu’à 15h, manicure à 16h, voir Gertrude à Harrods à 18h. Ça m’avait tellement marqué, dans le sens où moi et ces meufs, on avait vraiment rien en commun. Au fil des années, je me suis rapprochée de deux filles en particulier avec qui je passais tout mon temps quand j’étais à l’université.

Du coup, c’est vrai que je n’ai pas vécu « ces années d’université » où tu te fais la masse de potes et tu sors tout le temps. Déjà parce qu’on avait zéro en commun, et en plus parce que j’avais tout simplement pas le temps.

 

 

Niveau cours, ça a été juste genial: j’ai été passionné par absolument tous les cours (bon sauf histoire de l’art que j’ai trouvé oh la la, ultra chiant. La prof était bien mais qu’est-ce que c’était long). À aucun moment je n’ai douté du choix que j’ai pris: le stylisme c’est mon truc. La photo, la mode, créer des images, créer une atmosphere, une équipe, des tenues, développer sa créativité, revisiter le passé visuellement… je sais que je n’ai pas perdu mon temps.

Je n’ai jamais eu aucun soucis pour comprendre les cours en anglais. Déjà parce que la plupart des profs étaient étrangers donc ils avaient un accent qui rendait les choses faciles à comprendre, mais aussi parce que les profs anglais savaient qu’il y’avait énormément d’élèves étrangers et faisaient en conséquences. Je pense que beaucoup de personnes ont peur d’étudier à l’etranger par crainte de ne pas comprendre, mais je vous promet qu’il y’a tellement de personnes dans votre cas que ce ne sera jamais un problème!

Au fil des années, c’est devenu plus dur. Nous avions deux jours de cours par semaine (ça ne semble pas beaucoup – parfait pour avoir un job à côté), mais il y’avait énormément de travail à faire à la maison. Il ne s’agit pas de devoir, mais de préparation en vue des examens en fin de terme. A chaque début de semestre, les profs nous expliquaient ce qu’ils attendaient de nous pour les examens trois mois après, et il fallait qu’on travaille pour ça. Par exemple, on avait un certains nombre de shoots à organiser sur des thèmes imposés (diversity, boy and girl, avant-garde, subculture…), des dissertations a écrire, des vidéos à réaliser, designer son propre magasin de A à Z, imaginer et créer une nouvelle collection pour une marque, faire le visual merchandising… projets qui prenaient énormément de temps, d’énergie (et d’argent).

Je n’ai jamais eu l’impression de travailler puisque je faisais les choses par passion. Chaque shoot m’a rendu stressée, mais tellement heureuse! En ayant fait LEA avant, je réalisé que ça ne sert à rien d’étudier quelque chose qui ne vous passionne pas, c’est juste une perte de temps et une perte de bonheur (vous m’avez compris).

Jamais je n’aurai imaginé être acceptée dans une telle école, et surtout jamais je n’aurai imaginé qu’étudier un sujet pouvait être aussi passionnant.

Bref, la semaine dernière, c’était ma graduation et je n’ai jamais vu ma mère aussi fière de moi. C’est le début d’un nouveau chapitre de ma vie, et j’espère trouver un boulot qui me passionne autant dès Septembre! Je vous partage quelques photos de la cérémonie, avec ma maman et ma soeur. 

Si vous avez des questions, vraiment n’hésitez pas à commenter, à m’envoyer un message sur mon instagram ou par email.

Love xx

6 Comments

  1. 05/08/18 / 10 h 03 min

    Fan de cet article! C’est trop chouette d’en apprendre un peu plus sur ton parcours.
    Des bisous ♡

    • DEARVOGUE
      08/08/18 / 7 h 45 min

      C’est vraiment gentil merci!! 😀

  2. Barbara
    05/08/18 / 11 h 30 min

    Super article !!!!
    Je voulais savoir comment tu as vécu le faite d’être loin de ta famille ? Et comment à tu fait pour tenir le rythme ?

    Continue comme ça

    • DEARVOGUE
      08/08/18 / 7 h 45 min

      Merci!!! Ma soeur est à Washington, mon frère à Amsterdam, ma mère voyage beaucoup, donc on a toujours eu l’habitude d’être loin les uns des autres! 🙂

  3. Ali
    06/08/18 / 3 h 22 min

    This was such an enlightening read! I’m a third year university students studying communication and Media, after switching from doing business for a year. I felt stressed and anxious over my future, paying tuition and housing, and whether or not I’ll have a decent career after I graduate. I’m still not sure if communication and Media is my passion, but I prefer it much more than business. How many years did you spend at uni, and did you eventually get close to anyone you studied with? After I switched I had a hard time getting close to anybody (except my roommate). I have classmates I discuss homework with but no one I really call a close friend.

    • DEARVOGUE
      08/08/18 / 7 h 49 min

      Thank you! I totally get you.. fees put so much pressure on us, I’m glad I found a topic I was passionate about! At the end of the day, I feel that they prepare us to many more topics than the course you pick, so whether you like it or not you’ll have more option after you graduate (at least at Marangoni!).
      I spent three years at uni, and I got kind of close (not best friends, but we were spending time together at uni) with two girls. That’s something I regret from uni, not to get really close to anyone and not having those “uni years” where you go out and stuff!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *